samedi 15 septembre 2012

Mon Top 25 de la mer baltique

Avant de me remettre à l'actualité dans les médias sociaux, j'aimerais faire le pont et finaliser mon  voyage en mer baltique en vous présentant mon palmarès des meilleures et des pires caractéristiques des pays que j'ai visités.

Mon "Top 25"
  1. Le papier de toilette le plus doux dans les toilettes publiques : Resto Marti à Lübeck (Allemagne)
  2. Le papier de toilette le plus cher dans les toilettes publiques : À la gare de Lübeck
  3. La toilette la plus petite et la plus ancienne qu'il m'ait été permis de visiter : Dans le caveau d'un resto à Stockholm (Suède)
  4. Le mot le plus facile à retenir dans une autre langue : "Kacca", en russe. Bon, passons à des sujets plus... propres!
  5. Les pistes cyclables les plus invitantes : Helsinki (Finlande)
  6. Le meilleur goût de café : Paris (France)
  7. Le pire goût de café : Sur notre bateau, l'Eurodam (Holland America)
  8. Le plus beau couché de soleil : Warnemünde, à 23 h 30 le soir
  9. Les plus beaux chiens : Tallin (Estonie)
  10. Les plus beaux bateaux : Stockholm (Suède)
  11. La plus belle vue en haut d'une tour : Tallin
  12. Le pire trafic automobile : Paris
  13. Le chauffeur de taxi le plus "cool" : Paris
  14. Le chauffeur de taxi le plus ennuyant : Paris
  15. Les plus belles routes : Copenhague (Danemark)
  16. Les foules les plus imposantes : St-Petersbourgh (Russie), au musée de l'Hermitage
  17. Les plus beaux jardins et fontaines : Peterhof (Russie), au palais d'été de Peter The Great
  18. Les plus belles fleurs : Kiel (Allemagne), pour ses rosiers
  19. Le meilleur système gouvernemental de santé : St-Petersbourg
  20. Le meilleur système de transport (autobus, trains, tramway) : Helsinki
  21. La ville la plus écologique : Copenhague
  22. La pire atrocité rencontrée : Paris, un magasin d'extermination où on exposait en vitrine des animaux empaillés, morts en souffrant
  23. Les plus belles autos sur les routes : Kiel
  24. Les plus laides autos sur les routes : St-Petersbourgh, avec des Lada des années '70
  25. Le plus vieux train qui roule encore : St-Petersbourgh
Pour terminer, je dirais que les gens les plus sympathiques rencontrés sur notre route sont les Allemands. Curieux, l'Allemagne est le pays où la population a lu le plus de pages sur mon blogue, après le Canada, les États-Unis... et la Russie. La France arrive derrière, en 6e place. Pourtant, les barrières de la langue sont inexistantes. Que faut-il en déduire, selon vous?


mardi 3 juillet 2012

Roses et sexe à Kiel

J'ai piqué votre curiosité par mon titre "allumeur" ? Sans plus attendre, je commencerai donc par vous parler de sexe, puisque c'est le sujet qui a été mis sur le tapis dès notre arrivée à Kiel,en Allemagne, à 8 h 30 le matin.

Kiel pour le sexe
 
Notre guide allemande, Sabine, nous fait passer à travers la ville portuaire. Tout bon port qui se respecte doit accueillir les gens de la mer: matelots et navigateurs désirant se payer quelque plaisir charnel. C'est pourquoi les rues près du port sont peuplées de sexe shop, de bars de danseuses, de coins miteux. L'industrie du sexe fait partie du paysage et enlève un peu le goût aux touristes comme je suis d'aller y déposer mon 2e pied.

Kiel pour tout le reste

C'est en sortant de Kiel que je peux mieux apprécier l'Allemagne nordique. Je m'attendais à voir de rutilantes voitures rouler à 200 km/h. Ce n'est pas le cas. Les Allemands sont plus raisonnables que je ne le croyais sur la vitesse. Ils conduisent sécuritairement. On passe à-travers la campagne allemande, qui n'est pas très différente de la campagne québécoise, avec des champs, des pâturages, des animaux de la ferme. L'exploitation du bétail y est quasi inexistante, sauf pour les vaches laitières, car c'est la production qui coûte le plus cher dans cette région d'Holstein.

Le Château d'Eutin, à Eutin
On passe à pied devant le Château de Plön, situé sur le bord d'un lac, où les limettiers s'étalent de chaque côté de ses chemins privés.

Partout, les roses embaument. Le gouvernement encourage la population à planter des rosiers. Dans les rues, on ne voit que ça. Entre les maisons coquettes.À Plön et à Eutin. Cette visite est calmante et enivrante, comme le parfum des roses.

Après le lunch, on embarque sur un bateau mouche. Ce tour nous amène sur 4 lacs communiquants. Assez endormant comme promenade. À la sortie du bateau, l'autobus nous attend pour aller visiter une usine de soufflage du verre. Je découvre comment les artisans, armés de leurs outils brûlants, peuvent affronter la chaleur torride des fours en été. J'aurais aimé acheter plusieurs articles en verre soufflé à la boutique, mais ma logique me disait qu'ils se casseraient à coup sûr dans mes valises.

De retour sur l'Eurodam, j'observe les goélands sur le pont. Je vous laisse sur cette image, captée au vol avec mon appareil photo.


lundi 2 juillet 2012

Warnemünde : premier pied en Allemagne

Adolf aurait apprécié. Nous voir débarquer du bateau, seuls et perdus au milieu de juifs partant pour leur destination mortuaire. Faut dire que j'en mets un peu. Nous ne sommes plus dans les années 40. N'empêche, la guerre à laissé son empreinte en Allemagne du Nord.

Warnemünde est un port de mer qui autrefois transportait armées, vivres et militaires vers des destinations alliées. Depuis, nombre de bateaux sont passés par ici. Mais aussi beaucoup de passagers voulant visiter les camps de concentration. En une journée pour nous, on n'a pas le temps. On reviendra pour ça.

L'Allemagne a toujours été le rêve de mon fils Bobby. Depuis longtemps il a une fascination pour ce pays. Il a même étudié l'allemand à l'école pour mieux s'en imprégner. Maintenant qu'on y est, autant en profiter pour pratiquer cette langue. Ich liebe Deutschland.


Lübeck et sa cité médiévale

On a décidé de visiter par nous-même en train. La ville de Lübeck est notre destination pour la journée. Il fait beau. Lübeck est à environ 2 h 30 de train de Warnemünde et on doit faire 2 arrêts, l'un à Rostock et l'autre à Kleinnen. Pour un aller-retour pour 4 personnes, on paye 38 euros. Une aubaine.

On part tôt pour avoir le temps de tout voir. Le trajet est confortable, c'est plutôt facile de s'orienter. Rien à voir avec Saint-Pétersbourgh.

Sitôt débarqués du train, on visite la cité médiévale de Lübeck, qui fait partie du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1987. Grandement amochée durant la guerre de 39-45, elle a été reconstruite au fil des ans. La porte fortifiée du nom de Holstentor, construite entre 1469 et 1478, nous fait entrer sur une île entourée des canaux de la Trave. À l'intérieur, un musée sur l'histoire locale. Ici débute alors notre exploration à pied de la cité.

On y visite l'église Ste-Marie (Marienkirche), tout en brique et de style gothique. Elle fut la première église du temps (1250) et demeure aujourd'hui l'une des trois plus grandes églises d'Allemagne. Elle fait 38 mètres de hauteur et ses pics font jusqu'à 135 mètres. On fait un arrêt à la maison de Willy Brandt. Cet homme politique de beaucoup de courage et d'audace s'était opposé à Hitler et à son régime nazi. La visite de sa maison est gratuite et intéractive. Nous avons été accueillie chaleureusement par de charmantes dames qui étaient enchantées de rencontrer des Québécois! La vie de Willy Brandt est passionnante. Des extraits de sa vie sont là, intactes, et prêtes à être découverts. La visite aurait pu s'échelonner sur plusieurs heures, malheureusement, on doit écourter. Avant de partir, on touche à une partie du mur de Berlin, exposée dans la cour interne de la maison devenue musée. Je suis contente d'apprendre que Brandt a reçu le prix nobel de la paix en 1971. Chez lui, ça sent la paix.
On poursuit notre parcours. On fait un arrêt devant une synagogue. En temps de guerre, elle avait été envahie par les nazis venus prendre les juifs de force pour les exécuter. Ici, un silence de mort nous prend. On commence à avoir faim. Contrairement à notre lunch coûteux consommé à Stockholm, manger ici ne coûte rien. 30 euros pour 4 personnes. La nourriture est exquise, l'endroit d'un calme déconcertant. La terrasse du resto de chez Marli Café est de l'autre côté de la rue, au pied d'un édification ancestrale. On apprend que les proprios encouragent les personnes handicapées mentalement à y travailler. Chapeau!

Les rues sont charmantes, à Lübeck. Les gens aussi. Aucun signe de méchanceté sur notre passage. Je m'y sens en confiance. Je consomme un Yotte-a-lot-a-lot (voir mon billet sur Helsinki) près des boutiques de souvenirs. Pour magasiner, c'est l'endroit idéal. Il y a aussi un petit marché extérieur dans l'enceinte d'une église. Cute comme tout! On termine notre parcours des rues de Lübeck. Les maisons, toutes proprettes, sont ornées de roses de toutes teintes.

De retour au port de Warnemünde, en fin d'après-midi. L'endroit n'est plus désertique. Des passagers du bateau s'en donnent à coeur joie devant les kiosques de souvenirs. Les canaux du port sont encombrés de petits bateaux de pêche; l'endroit est magique. Jamais je n'aurais pensé aimer autant l'Allemagne du Nord. Demain, j'y saucerai mon 2e pied. Destination : Kiel.

samedi 30 juin 2012

Stockholm? Avec plaisir!

De l'eau, de l'eau, rien que de l'eau. Stockholm est la capitale de la Suède et son centre-ville est constitué de 14 îles. 57 ponts les relient. Que l'on soit partout, on est sur le bord de l'eau. Le moyen idéal pour s'y promener est, bien sûr, le bateau. On fait le reste à pied.

Je débute ma journée en visitant le Musée Vasa.Un bateau  L'histoire de ce navire, le Vasa, fini de construire en 1628, est plutôt cocasse. Alors que la Suède était maître du savoir faire en navigation, et qu'il gagnait toutes ses batailles navales, ce navire, plus prestigieux et plus riche, coula après avoir parcouru à peine... un kilomètre! Il a passé 333 ans au fond de la mer, tout près du port de Stockolm. L'épave a été renflouée en 1961 et sa restauration a permis d'en faire un musée. Deux heures à l'intérieur, ce n'est pas assez. Une journée serait mieux, tellement c'est intéressant. On y voit des sculptures, des ossements d'équipage, des reconstitutions de visages en cire (c'est comme s'ils étaient vivants), des pièces du navire. On nous explique aussi comment ils ont pu sortir ce navire de l'eau. C'est une visite incontournable.

Palais royal de Stockholm

Le Palais royal (Kungliga Slottet) mérite aussi une longue visite. Le roi Carl XVI Gustaf y habite encore. Plusieurs pièces qu'on peut visiter servent de salles de réunion pour les membres proches de la famille royale. Le palais est immense. La visite comporte plusieurs stations : les appartements royaux, la garde royale, les armureries, la chapelle... et on finit par les trésors royaux. C'est dans cette dernière section que j'ai failli m'évanouir. Sans blague! Les couronnes royales et joyaux de la couronne m'ont fait de l'effet. Pour les voir, on voit descendre dans une grotte où l'air est rare et l'espace restreint. Il y fait très chaud. Je n'ai plus de réserves d'énergie. Je dois m'asseoir à terre, la tête entre les jambes. Mon BON BERGER, SAROU et BOBBY ne savent pas quoi faire. Après avoir repris un peu de couleur, les jambes molles, je monte péniblement les escaliers, à la recherche d'air frais. Dès que j'arrive en haut, je mange une orange. Ouf! Ça va mieux. C'est instantané. C'est fou comme mon système ne tolère pas le manque d'air... et de sucre.
Gamla Stan à Stockholm

Tout près du Palais royal se situe la vieille ville, Gamla Stan. On erre entre ses ruelles et rues pavées. C'est le centre historique médiéval le mieux préservé au monde. On y retrouve le Musée Nobel, des boutiques d'artisanat, des cafés avec terrasses, des galeries d'art, des églises... et un magasin d'articles médiévaux. Inutile de vous dire que BOBBY ne se décidait plus sur le type de souvenir à y acheter. Je suis repartie avec une corne de taureau dans laquelle on se verse à boire.

Se promener à Stockholm coûte cher. Pour un lunch sans fla-fla ni dessert pour 4 personnes, ça nous coûte 152 $. À ce prix, les toilettes dans la cave sont gratuites et ils fournissent les couvertures chaudes sur les terrasses.

Malgré le coût de la vie exhorbitant, Stockholm est magnifique. Pour les amateurs de bateaux, c'est l'endroit rêvé. Pour acheter une île, vous avez le choix car l'archipel en compte 30 000. Beaucoup de Suédois possèdent des chalets d'été à Stockholm, ça leur fait oublier la trépidité de leur magasin IKEA

La journée passe vite. On retourne sur l'Eurodam. Les goélands nous suivent durant les deux heures qui suivent notre sortie de l'archipel de Stockholm. Des navires à la queue-leu-leu. De la bonne bouffe pour eux. Un plaisir pour les passagers.

Retourner à Stockholm? Avec plaisir!

vendredi 29 juin 2012

Comme chez nous à Helsinki

Jäätelötuutti... à prononcer Yotte-a-lot-a-lot. C'est le seul mot finnois que je me rappelle. Cela signifie : cornet de crème glacée. Je ris, car ma fille s'est toujours fait appeler affectueusement par ses frères "Yotte" quand elle était petite... on se rappelle de ce Yotte-a-lot-a-lot.

Helsinki, c'est une escale de fraîcheur. Un peu comme un retour à Montréal. Après le dépaysement total à Saint-Pétersbourg, je me sens comme chez moi. C'est vrai, cette ville est belle. 20 % de la population de la Finlande y vit, si on inclut deux de ses villes limitropes. Les habitants sont gentils, la ville est propre, il y a des parcs partout et les pistes cyclables sont larges et sécuritaires.

Qu'on la visite à pied, à vélo, en tramway ou en autobus, on en retire le plus grand plaisir. La ville compte de nombreux ponts et îles. Près du port, on y retrouve la Place du marché : des marchés d'artisans, qui vendent des exclusivités pas trop chers et faits à la main. Le marché est le paradis des pick-pockets, donc attention! SAROU, ma fille, s'est trouvé une tuque en forme de tête de chien husky pour une bouchée de pain, et elle la porte fièrement. On est l'été, SAROU... you hou!

Tout à côté, sur la Place de l'Esplanade, il se donne un concert de l'orchestre symphonique de l'armée finlandaise. D'autres spectacles sont toujours à l'affiche durant l'été, pour divertir les vacanciers.

Pour les Finlandais, le coût de la vie y est assez élevé. Plusieurs personnes font leurs emplettes à Tallin en prenant le ferry-boat, ce qui leur coûte moins cher.

On fait un petit tour en autobus Hop On Hop Off pour traverser la ville. On arrête dans un parc devant le monument érigé en l'honneur de Jean Sibellius, compositeur finlandais. De là, on marche jusqu'au stade olympique d'Helsinki, où les championnats d'Europe d'athlétisme ont lieu présentement. Comble de malchance, on a perdu 30 minutes à attendre l'autobus à l'arrêt, mais à cause des compétitions, le bus n'est jamais passé. Donc au diable la visite en autobus, on marche jusqu'à la Cathédrale de Helsinki. Une belle randonnée d'environ 30 minutes, le trottoir est large, il fait beau, pas trop chaud.

Cette Cathédrale est majestueuse, elle ressort, tout en blanc, sur le ciel bleu. Cette église fut construire de 1830 à 1852. Devant, une immense place où plusieurs aiment se prélasser. Quelques-unes pratiquent une chorégraphie de danse hip-hop, et un chanteur d'opéra itinérant ressemblant étrangement à Luciano Pavarotti se donne en spectacle a capella et récolte les recettes des rares adeptes

Une autre église, la Rock Church, construite entièrement dans le roc, vaut le détour. Il y fait frais et plusieurs concerts y sont donnés, car l'acoustique y est quasi parfaite.

Les Finlandais sont forts dans l'industrie navale. Ils ont construits le plus gros paquebot au monde pour la compagnie Royal Caribbean, le Oasis of the Seas. À Helsinki même, près du port où est accosté notre navire.

Quand on visite Helsinki, on s'y sent en sécurité, en paix, en vacances. Helsinki est la 6e ville du monde où il fait bon vivre. Une journée passée là, et on a le goût d'y vivre. Vous ai-je convaincu?





mercredi 27 juin 2012

Mon ami Peter de Saint-Pétersbourg

Vous connaissez mon ami Peter? Il me suit depuis mon arrivée à Saint-Pétersbourg (ex Léningrad), en Russie. Partout où je vais, il y est. La ville lui appartient. Peter par si, Peter par là. On voit Peter partout. Même que son fantôme y est encore. C'est à se demander comment les Russes font pour vivre sans se préoccuper de Peter. J'y reviendrai.

Mon premier contact avec les Russes : les douaniers, dès ma sortie du bateau. Un sourire de bienvenue ne leur aurait pas fait de tort. Je ne suis pas une espionne. Je suis une touriste qui veux juste passer 2 jours à visiter votre belle ville. "Ne vous inquiétez pas, je repars demain!"

Notre guide Margarhita de l'agence Ulko Tours nous accueille, elle, très chaleureusement à la sortie du poste de douanes. Elle parle très bien l'anglais. On sera seuls, nous quatre, avec elle pendant notre séjour. Surprenant qu'on soit les seuls du bateau à avoir réservé les services de cette agence touristique, surtout que c'est la seule agence russe qui nous donne la possibilité de voyager en Russie sans visa. Et c'est moins cher que de réserver via le bateau.

Tsarskoye Selo, le palais que Peter The Great avait offert en cadeau à son épouse Catherine en 1708
Peter The Great

Je ne vais pas vous raconter toute l'histoire de Saint-Pétersbourg, les batailles, famines, déluges naturels qui ont décimé la population au cours des siècles. Il y a des sites pour ça. J'aime mieux vous raconter pourquoi Peter The Great est l'ami de tout le monde.

Peter The Great, de son vrai nom Pyotr Alexeyevich Romanov, était le 3e fils du tsar (ou empereur, c'est la même chose!) Alexis 1. Il ne devait théoriquement pas accéder au trône de son père à sa mort, puisque deux demi-frères étaient nés avant lui. Le destin en avait décidé autrement.

Très jeune, il est pris en charge par Sophia, sa demi-soeur du précédent mariage de son père. Sophia n'aime pas Peter. Elle fait tout pour éloigner Peter de l'empire russe de la famille Romanov. Le premier demi-frère de Peter était chétif et de santé fragile. Il décéda à un jeune âge et ne put accéder au trône. Le deuxième descendant Ivan V n'était pas très vaillant. Peter, de son côté, s'amusait à jouer à la guerre, à construire des bateaux et à naviguer sur les flots. Il s'est fait beaucoup d'amis partout en Europe. Il a appris à se débrouiller seul et à parler plusieurs langues. Il s'est fait connaître pour son immense générosité envers ses amis et son charisme.

De retour en Russie, l'armée de jeu de Peter The Grest est déjà en place et prête au combat. Il a alors 23 ans. Il réussit à vaincre ses adversaires à la guerre. À la mort de sa mère, il devient empereur. Sophia se retire.

Peter a été élu "The Great" parce qu'il était géant : il mesurait 6 pi 8 po. Je suspecte qu'il devait être aussi très à craindre par ses ennemis.

Je disais tantôt que Peter était mon ami. Pas par choix. Il n'y aurait pas eu de Saint-Pétersbourg sans lui. Partout où l'on passe, on le voit en statue, une arme à la main, à dos de cheval, représenté en peinture sur les toiles ou tapisseries anciennes des galeries. On ne compte plus les monuments érigés en son nom. Il est The Great. La fierté de toute une dynastie de tsars, et des Russes eux-mêmes.


Cathédrale Peter et Paul
La Cathédrale Peter et Paul

La cathédrale Peter et Paul expose d'ailleurs les tombeaux de toute la lignée d'empereurs de la famille Romanov. J'ai visité cette église. Pas très grande - Peter aurait peut-être préféré un château plus majestueux pour y être enterré -, mais elle fait partie de la forteresse de son empire.

Elle est entretenue par les dons des descendants des Romanov, qui ont réservé leur place pour l'au-delà. Tout se paye, en Russie... C'est là que j'ai appris mon premier mot en langue russe : Kacca, qui signifie qu'il faut payer avant d'entrer. On retrouve même ce mot au kiosque à côté des toilettes : 30 roubles si on a une grosse envie.

Musée de l'Hermitage

Notre guide nous amène visiter le Musée de l'Hermitage, le plus grand musée du monde et le premier palais d'hiver de... mon ami! Attention, car il y a du monde comme j'en n'ai jamais vu! Margarhita connaît bien tous les astuces pour se faufiler parmi la foule. Les Chinois d'ailleurs sont les experts en bousculade parmi la foule, qu'elle nous dit. N'empêche, on passe avant tout le monde. Margarhita a des contacts, on dirait! C'est louche...

Le Musée contient plus de 3 millions d'oeuvres. Ça pourrait prendre facilement plusieurs mois pour tout voir. On est là un seul après-midi. On se contentera de voir quelques toiles d'Henri Matisse, de Claude Monet, de Rembrandt, des pièces riches d'histoire et qui valent une fortune. Des tapisseries aux murs en passant par des fresques au plafond, des urnes en granite, rien n'est laissé à l'indifférence du visiteur. Faut voir la Peacock Clock entièrement recouverte de feuilles d'or. Ou l'authentique Madonne que Léonard De Vinci a peint en 1478.

On court quasiment dans le Musée. On est à court d'yeux pour admirer toutes ces beautés.

Les fontaines des jardins du palais d'été de Peter, à Peterhof
Palais de Peter

La cerise sur le sundae. Le summum de la beauté orifère. On ne peut visiter Saint-Pétersbourg sans se rendre dans la ville de banlieue de Peterhof, pour visiter les jardins du Palais d'été de Peter. Des centaines de fontaines, certaines gigantesques, embellissent le paysage. Peter s'est inspiré des fontaines de Versailles afin de créer ses propres fontaines, de loin beaucoup plus grandioses qu'à Versailles.
Certaines de ces fontaines dénotent l'humour de Peter : elles ne fonctionnent que lorsqu'on s'y en approche. Les jardins de fleurs sont aussi magnifiques. L'endroit préféré où Peter aimait bien se détendre : le palais Monplaisir, dont la vue donne sur la baie de Finlande.

Deux jours à Saint-Pétersbourg, c'est trop peu. Avant d'arriver, je pensais voir une ville grise, comme dans les films. J'y ai vu une ville aux millions de fleurs, des voitures sentant l'opulence (y'a pas juste des Lada en Russie!), des immeubles bien entretenus, des parcs gazonnés, des routes sans nids de poule (eh oui, ça existe!), des bons restaurants, des canaux à la Venise... et des monuments à vous couper le souffle. Vraiment, Saint-Pétersbourg, ça vaut le détour!

Lettre à mon ami

Mon cher Peter,

J'ai bien aimé ma visite chez vous. Vous avez laissé un bel héritage à votre famille. Toute cette richesse, tous ces trésors... Il y a quelque chose qui cloche pourtant. Je ne saurais dire quoi. Est-ce le nom "Peter", qui se retrouve sur toutes les lèvres? Cette omniprésence du mot, ce "trop plein" de narcissisme? Cette petite chose qui me fait réaliser qu'on est bien, chez nous, au Québec. Je l'ai vu dans les yeux et le langage de Margarhita.

Nous n'avons peut-être pas un système de santé comme le vôtre, mon ami, où il suffit d'appeler le médecin pour qu'il se pointe chez vous gratuitement, mais les gens sourient et sont heureux. Ne peut-on appeler cette petite chose... la liberté?

mardi 26 juin 2012

Sauvez la princesse, moi je mange une bonne soupe au sanglier

Tallin, capitale de l'Estonie, est notre premier port d'escale de notre croisière sur l'Eurodam d'Holland America. J'avance l'heure d'une heure par rapport à Paris.  En tant que canadienne, je n'ai pas besoin de visa pour entrer au pays.

Tallin est située en Europe du Nord, dans la partie nord-est de la mer baltique. On y parle l'estonien. Plusieurs habitants se débrouillent aussi en anglais. La ville a acquis son indépendance de la Russie en 1918. Dépaysement garanti!

La ville est jeune, les habitants sont grands, pour la plupart. Très gentils aussi. Ils aiment les touristes, ça se voit... et les chiens aussi! À notre arrivée vers 11 h, il fait assez beau mais peu à peu les nuages couvrent le ciel. On décide quand même de visiter en autobus Hop on Hop off. Écouteurs aux oreilles, on synthonise le poste français et on peut ainsi suivre le tour de ville. Voir les monuments, statues, maisons anciennes. On descend à une station pour y découvrir une ville médiévale et ses forteresses.

Pendant que BOBBY et SAROU montent sauver la princesse au haut de la tour pour 2 euros, moi, tout en bas, je sape de la soupe au sanglier, une spécialité à seulement 1 euro. Si je décide de leur chanter une chanson, alors ils nous donnent une cueillère pour manger - ou boire! - la potion. J'ai décidé de me taire. BON BERGER aussi.

Excellent, par ailleurs, ce bouillon un peu bizarre. Première fois que je goûte à du sanglier. Je me voyais à l'époque des chevaliers, qui se réunissaient autour d'une bonne soupe chaude pour oublier la grisaille du temps qu'il fait. Ils te la servent dans un bol creux qui semble avoir été taillé au couteau à même l'écorce d'un arbre. Les grosses marmites dans lequel ce liquide ambré bout ressemble à la marmite du druide dans laquelle Obélix est tombé quand il était petit.

Tiens, il pleut à gros bouillons, maintenant. Vite, chevaliers, courons nous mettre à l'abri! Quelques minutes passent. Les travailleurs de la restauration à Tallin ne sont pas nerveux. Le toit de toile est en train de nous tomber dessus, tellement l'eau s'y accumule. Pas grave! On s'étire le bras et on fait tomber l'eau à côté. Voilà! Toutes les tables sont trempées, et les attablés aussi. Les gens rient, c'est ça les vacances. On a froid, mais c'est pas grave, on est en vacances!

 J'oubliais de vous dire. En 1997, Tallin a été inscrite sur la liste du Patrimoine Mondial de l'Unesco. Ça en fait un des 911 sites au monde reconnus pour leur valeur universelle exceptionnelle. La relation entre culture et nature y est respectée, pour le bien des générations futures. Pas mal, non?

Je visite aussi la cathédrale Alexander Nevski qui lui a été dédiée en 1242. Cette cathédrale est la plus grande et plus riche église orthodoxe de l'empire russe en Estonie. Elle est située au sommet de la colline de Toompea, devant le château. La pratique religieuse en Estonie n'est pas très élevée : seulement 20 % de la population. De ce nombre, 30 % sont luthériens, 28 % orthodoxes et seulement 3 % catholiques.
Mais cette ville n'est pas seulement le Moyen Âge et ses vieilles rues de galet en haute ville. La grande et basse ville est aussi très moderne, avec ses immeubles très hauts. Site intéressant sur Tallin (tout y est en français) : Tourisme à Tallin.

Bon, je retourne au bateau. Voilà que j'ai faim et qu'on a perdu l'arrêt d'autobus! Cette soupe au sanglier est loin derrière... Tant pis, ça se fait à pied. On se retrouve facilement, on n'a qu'à suivre l'air marin. En chemin, on croise des maisons délabrées entre des grands magasins, des petites rues pas très rassurantes et des boulevards.

Le soir venu, le soleil ne finit plus d'ensoleiller. Il est plus de minuit. Ah, c'est ça qu'on appelle les nuits blanches? Pourtant, vu de mon balcon, le ciel est rouge. La potion du druide m'aurait-elle rendue daltonienne?